Au pays du jasmin, oser briguer les hautes charges de l’Etat peut être considéré comme un acte de «déficience mentale» et valoir à son auteur l’internement forcé pour «danger public»! C’est le sort qui semble être réservé à un citoyen tunisien âgé de 44 ans, résidant à Tébourba (30km au nord de Tunis), ingénieur en informatique, qui a été interné à l’hôpital psychiatrique d’Al Razi à Tunis, le 28 mars dernier, apprend-on d’un communiqué de l’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT) et du CNLT. M. Alaya Kouki avait annoncé son intention de se porter candidat aux élections présidentielles d’octobre 2009 et aurait adressé le 4 janvier 2009 un courrier au président de la Chambre des députés l’informant de son intention de s’y présenter en tant que candidat indépendant, en y joignant un manifeste électoral. Il avait même « osé » solliciter le parrainage des maires de Tébourba, Béjà, Bou Salem, Jendouba, et d’autres encore, comme le stipule l’article 40 de la Constitution mais, bien évidemment, ces derniers n’étaient ni disponibles, ni disposés… On apprend, par ailleurs, qu’un journaliste de radio Kalima, alerté par la famille du « candidat », a pu réaliser un entretien en direct avec lui, à partir de son lit d’hôpital. Mais au lendemain de la diffusion sur les ondes de cette interview, Kouki n’était plus joignable, croit-on savoir.Larbi Chouikha
NDLR : l'illustration est une peinture d'Alexandra O'neil intitulée "Le Fou"