dimanche 11 janvier 2009

Ridicule

Le Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (Crif) ne manque vraiment pas de culot. Il a appelé à une manifestation de soutien à «l’action d’auto-défense d’Israël» contre les «terroristes du Hamas». Le 4 janvier 2009, il n’y avait pas grand monde à la manifestation.

Même les habituels inconditionnels de la politique israélienne n’ont pas daigné s’y afficher. Enrico Macias, Serge Klarsfeld étaient bien esseulés dans le cortège aux côtés de grand rabbin de France. Sur les rares banderoles, nous pouvons lire par exemple «qu’Israël exerce son droit de légitime défense et mène une action militaire proportionnée à la menace» du Hamas. Ou encore «le Hamas constitue un danger vital permanent pour Israël et ses citoyens».


Ces slogans dont le Crif se gargarise appellent de notre part plusieurs commentaires.
  1. Ils viennent confirmer ce que nous savions déjà à savoir que le Crif, organisme français, opérant sur le sol français et financé en grande partie par l’argent du contribuable français, est en fait une annexe de l’ambassade d’Israël, une officine de l’Etat hébreu. Il est constitué d’apparatchiks communautaristes qui se sont autoproclamés représentatifs des juifs de France. Malheureusement, ceux-ci sont souvent courtisés par les hommes politiques de tous bords afin de récupérer les miettes d’un hypothétique «vote juif».
  2. L’opération de destruction systématique de Gaza par l’armée israélienne a porté un coup dur à l’image d’Israël. Le Crif s’affole et réagit de façon répugnante pour tenter de justifier l’injustifiable. Manifestement, même les journalistes amis du Crif se sont abstenus cette fois-ci de cautionner ce tissu d’absurdités et de couvrir l’événement. Et pour cause, la couleuvre est difficile à avaler.
  3. Sur le fond, cette attitude relève d’une totale malhonnêteté. Le Crif insulte l’intelligence des français qu’il prend pour des imbéciles. En effet, que l’on puisse encore, après les massacres perpétrés de sang froid à Gaza, qualifier Israël de pays agressé, dépasse l’entendement et frise le ridicule.
Heureusement que celui-ci (le ridicule) ne tue pas.

Dr Salem Sahli - Hammamet

samedi 10 janvier 2009

De Gaza à Gafsa

Gaza brûle. J’ai encore plus froid. Ce que je vois à la télévision me paraît plus vrai que ce que j’ai vécu et vu à Gafsa. Et Dieu sait si j’ai vu des choses à Gafsa. Gafsa était loin des médias ; maintenant, elle s’éloigne davantage de moi. J’ai les larmes aux yeux et je n’arrive pas à pleurer.

La police - on se croirait à Ramallah et pas chez nous - nous a empêchés de descendre dans la rue, passé un jeune manifestant à tabac, injurié tout le monde hommes et femmes ; ils veulent la sécurité en terrorisant des citoyens embarqués spontanément dans une manifestation pacifique. Le moindre lapsus, Gafsa au lieu de Gaza, ferait tout basculer. Qui sait ?

Des centaines de morts. Un carnage. On sacrifie Gaza. On continue de gloser sur la responsabilité du Hamas et la lâcheté des gouvernements arabes. Et comme au Moyen Age, on a peur de nommer le diable pour ne pas réveiller les forces du mal. Mieux vaut l’exorciser dans le silence. Balivernes.

Nous ne sommes pas antisémites. L’Occident en sait beaucoup plus que nous. Ma mère pleure encore Judith, sa meilleure amie d’enfance. Sur fond de mauvaise conscience refoulée et de fascisme déguisé par la diplomatie, l’Occident continue son monologue et affiche merveilleusement son arrogance ?

Je n’ai jamais partagé les idées du Hamas, ni celles du Hezbollah ; mais je ne les ai jamais haïs, ni considérés comme terroristes. Cheikh Yacine Ramadan n’est pas un terroriste, Hassan Nasrallah n’est pas un terroriste. J’ai toujours salué l’esprit de résistance qu’ils nous ont toujours insufflé tout en continuant de m’opposer à leurs projets de société. L’Occident prétend nous donner des leçons de démocratie et s’acharne aveuglément à nous coller des préjugés racistes et fascistes. Cet antagonisme - nullement schizophrénique parce que calculé - me tue. Pourtant, nous n’avons jamais cessé de rêver de l’Occident. Nous sommes voués à l’amour.

Aujourd’hui, les Israéliens poussent les Palestiniens à la folie. C’est leur acharnement sanguinaire et la complicité lâche de l’Occident qui nourrissent le fanatisme et la haine que leur vouent ce qu’ils se plaisent à nommer « des terroristes ».

On nous a volé nos rêves ; nos fêtes se font dans le deuil. C’est la complicité de L’Occident et le silence de Dieu qui font notre tragédie. Ce qui se passe à Gafsa - lapsus oblige - est aussi tragique. Le 11 septembre dernier, des peines de prison arbitraires et aberrantes vont jusqu’à 10 ans de prison ferme. Adnan Haji a été incarcéré parce qu’il a agi en homme libre. Vous le savez.

En Tunisie, les anciens d’Afghanistan et les anciens d’Irak se comptent par centaines. Tout le monde le sait aussi, bien que tabou. La tragédie de Gafsa ranime et ravive les blessures. Vous poussez les gens à la folie et c’est nous tous qui brûlerons. Les esprits sont en feu. Les effets de serre ne sont que le reflet pâle de l’étouffement qui menace les libertés.

Tahar Youssef

dimanche 4 janvier 2009

Manifester pour Gaza : le long combat pour la citoyenneté

Internet en général et le réseau social Facebook en particulier représentent sans aucun doute une nouvelle donne pour le débat, la diffusion des idées et, surtout, l'action collective, notamment les manifestations. Car il devient très facile, grâce à ce réseau, de s'entendre entre des centaines voire des milliers d' "amis" sur le lieu et l'heure d'une manifestation en vue de défendre une cause donnée, comme on l'a vu un peu partout dans le monde. Et, comme prévu, la tragédie vécue par les civils palestiniens à Gaza a suscité sur le Facebook tunisien un formidable élan de sympathie et de solidarité et a fini par déboucher à Tunis, lundi et mardi derniers, sur deux manifestations (mort-nées) pour Gaza.

Au-delà de l'intérêt que revêt cette première, elle nous permet d'approfondir la réflexion sur le perception que les jeunes Tunisiens ont de l'engagement politique. Car il est évident qu'en Tunisie on ne manifeste pas!! Ou, plus précisément, et comme l'a si judicieusement souligné -Z-, le bloggeur censuré par l'ATI, la Tunisie est le seul pays du monde où l'on manifeste, non pas pour exprimer sa colère, mais au contraire pour manifester sa joie et sa fierté - comme ça a été le cas des manifestations de "reconnaissance" du printemps dernier à Gafsa et à Kasserine. Organiser une manifestation spontanée, dans ces conditions, relève de la gageure.

Sans doute, les promoteurs de cette initiative se sont-ils dits que manifester pour Gaza ne poserait aucun problème - entre autres aux autorités - étant donné l'unanimité dont jouit le soutien à la cause palestinienne parmi tous les Tunisiens. Mais il fallait peut-être avoir à l'esprit que ce n'est pas tellement la cause défendue par les aspirants manifestants qui risque de déranger que l'exercice du droit à manifester en lui-même.

Ainsi, ce n'est pas parce que l'objet de la colère n'est pas la politique interne - la question du bassin minier, par exemple - que l'acte de manifester irait de soi. Mieux encore, c'est le pouvoir de manifester sa colère en rapport avec les affaires internes qui donne plus de portée et de crédit à un engagement en faveur de la cause palestinienne.

Autrement dit, on risque d'être difficilement audible au delà des frontières si on ne l'est pas à l'intérieur, comme on ne risque pas d'être un citoyen du monde si on ne l'est pas chez soi... Ce qui explique d'ailleurs la colère récurrente des peuples arabes contre le "silence officiel arabe".

Pour conclure, Facebook est un excellent moyen pour diffuser l'information, susciter des débats et créer des synergies, mais le passage d'une mobilisation virtuelle à une autre dans la rue est sans doute plus difficile à réaliser qu'on ne le croit. Il n'en demeure pas moins que cette mobilisation représente un premier pas dans le long et difficile combat pour la citoyenneté.

Boubaker Jridi

vendredi 2 janvier 2009

"La police est dans la rue !!!"

"La manifestation du 1er janvier 2009 a été l'occasion pour beaucoup de jeunes et de moins jeunes, d'exprimer leur soutien à la population de Gaza et au peuple palestinien, et leur colère vis-à-vis de "l'Etat voyou" d'Israël et des massacres de la population civile.

En guise de compagnie, nous avons eu un nombre impressionnant d'hommes qui ne scandaient aucun slogan et ne portaient aucune banderole. Leurs chefs portaient des lunettes noires, d'autres, en costume cravate, avaient l'allure de jeunes premiers et puis il y avait le reste: ceux qui portaient des casquettes et des baskets, ou de gros ventres...

Notre cortège a quitté le local d'Ettajdid à 10h et la manifestation a duré exactement 2h. Tout au long du parcours, les gros ventres poussaient les manifestants, les costumes cravates les entouraient de toutes parts et, à midi tapante, les chefs ont lancé sur nous une drôle d'espèce: mi-homme mi-robot, les "BOP" ou les "ninja" qui ont frappé et cassé pour disperser les manifestants et - à leur manière - manifesté !!!"
Témoignage d'une manifestante lors de la manifestation nationale pour Gaza (1er janvier 2009)

jeudi 1 janvier 2009

Manifestation nationale contre les crimes de guerre israéliens : la Moubadara se distingue malgré la nervosité et l'agressivité des forces de l'ordre

Il était grand temps que soit organisée une manifestation nationale dénonçant les crimes de guerre perpétrés par l'armée israélienne contre le peuple palestinien. La marche qui a eu lieu aujourd'hui à Tunis a été une expression importante de la colère des Tunisiens contre les agresseurs bien qu'on eût souhaité qu'elle ait lieu en un jour et un lieu permettant la participation massive du peuple, et que la frilosité excessive et les préoccupations sécuritaires exagérées des autorités aient malheureusement imposé l'avenue Mohamed V et le matin du premier janvier !

C'est qu'il n'est pas facile de défiler à Tunis, même dans une "manifestation nationale"! Il était pourtant convenu que chaque partie organisatrice rejoigne le lieu de départ de la marche à partir de son propre local. Les militants et militantes d'Ettajdid et des autres composantes de la Moubadara (PSG, PTPD et indépendants) étaient donc au rendez-vous en grand nombre devant le local d'Ettajdid, fortement "encadrés" - déjà! - par de nombreux policiers en civil qui voulaient leur imposer de se déplacer par petits groupes de 3 à 5 personnes. Il a fallu batailler et négocier dur pour pouvoir traverser ensemble la rue Jean Jaurès, ce qui était déjà une manifestation réussie, avec en tête la banderole de la Moubadara et, dans les airs, le retentissement des slogans, des chants de résistance et des youyous.

Arrivés au point de départ de la manifestation, on s'est rendu compte que la police a choisi de placer (on ne sait pourquoi) les manifestants de la Moubadara à l'arrière du cortège. Cela n'a pas empêché les forces de l'opposition de gauche (auxquels se sont mêlés des syndicalistes avec les banderoles de l'UGTT) d'être encore plus visibles et plus compactes. Elles ont ainsi administré la preuve que la solidarité avec nos frères palestiniens est bien l'affaire de tous les Tunisiens et que nul ne peut la confisquer à son profit.

Cependant, "l'attention particulière" de la part des policiers dont a bénéficié le cortège de la Moubadara s'est concrétisée - à moins de cent mètres du point d'arrivée prévu! - par un traitement tout à fait hors de propos, fait de coups, de bousculades et d'agressions physiques et verbales d'autant plus arbitraires et irresponsables que les manifestants s'apprêtaient à se disperser dans le calme.

Une nervosité et une agressivité qui auraient pu avoir de fâcheuses conséquences sur la portée de cette manifestation de solidarité des Tunisiens avec le peuple palestinien...

Attariq Aljadid

dimanche 28 décembre 2008

من ضربة المِنَشّة إلى ضربة الحذاء، غبن عربي مستمرّ

يقال وأن التاريخ لا يعيد نفسه ولكن تفنّد الأحداث الأخيرة هذه المقولة إذ يعقد العرب مجدّدا مع حوادث الضرب "الدبلوماسي" التي تِؤكد أن تاريخهم معاودة أبديّة وحلقة مفرغة يدورون فيها كالأرواح التائهة. ضرب الداي التركي- الجزائري قنصل فرنسا دوال يوم 30 أفريل سنة 1827، وكلّف ذلك الجزائريّين 130 سنة من الاحتلال ومئات الآلاف من الضحايا والمشرّدين، وها أن صحفيا عراقيا يحاول في الآونة الأخيرة ضرب الرئيس الأمريكي جورج بوش بحذائه.

وبمعزل عن بعدها السياسي وعن تنزّلها الطائفي الملفت للانتباه وعن رمزيتها أو إثارتها التي سعدت بها الفضائيات، وبخاصة منها العربيّة، لأنها تخرج الأخبار من رتابة الفضائح المالية المطّردة والأزمة الإقتصاديّة المتناميّة التي عصفت بعائدات البترول، تستوقفنا هذه الحادثة لأن العرب بلغوا من خلالها هُوى المحيطات الغوريّة كما يقول الجغرافيون لأن الأمر لم يعد حكرا على "العامّة" بل شمل "الصفوة". وتكشف لنا مدى انطباعيّة الشارع العربي وردود فعله الطفوليّة وعمق غبن أفراده وخيبتهم من خلال تعبيرهم عن "فرهدتهم" وعن الغُمّة التي أزيلت من قلوبهم وليجعلوا من الصحفي المذكور بطلا قوميا نهضوا يطالبون بإطلاق سراحه وتقديسه. شعوب تعيش على قيم النخوة الوهميّة والرجولة المغلوطة أو بالأحرى الفتوّة. شعوب استبطنت عقمها وعجزها لتجد سُلوتها في استذكار أمجادها الغابرة أو في التهليل "لبطولات" تخرجها ولو لحين من غياهب سجنها المظلم وتنسيها واقعها المقيت. شعوب تخاف اليُتم ولذلك تحتاج دوما إلى خلف فالح لسلف صالح أو إلى "زعيم" ينير لها السبيل ويقيها غوائل الدهر، ترفض أن ترى في اليُتم خلاصا لأنه يخلّصها من "أولي الأمر" ويضعها في مواجهة مصيرها. شعوب تسعى في كلّ مناسبة إلى تصدير مظاهر غبنها للتشهير بخارجانيّة أنظمتها وبالشيطان الأكبر المتسبّب في همومها ومآسيها وتأبى أن ترى في ذاتها عللها ودواءها وأن تؤمن بالفعل الجماعي الخلاّق.

وفي الحاصل، طار الحذاء وتفاداه بوش وأصبح موضوع تندّر ولكن لم يحرّر العراق ولم تقم الدّولة الفلسطينيّة ولم تنجل الغمّة بل اكتست هنا ثوبا لغويا آخر يقصد به الشيء الذي يحجب الرؤيا وهذا ما نخشاه وهو أن تتحوّل هذه "البطولات" إلى حجاب يزيد واقعنا كُمدة ويمهّد لحجاب آخر قد يجعل من نهارنا ليلا مدلهما أبديا.

بئسا لشعوب تبحث لنفسها عن رموز وحماة حتى قدوم المهدي المنتظر ولمؤرخين روّجوا لتاريخ معتصم ومعتضد ومنصور وزعيم خالد وقائد شهيد وتنكروا للقرامطة والزنج وانتفاضة 1864 العارمة... وتبّا لجدّاتنا اللواتي ربيننا على العنتريّة وعلى بطولات علي ولد السلطان وأبي زيد الهلالي.

كارم داسي

vendredi 26 décembre 2008

Béchir Laabidi attrape la tuberculose en prison !

Au bout de plusieurs mois de démarches vaines auprès des services pénitentiaires, le prisonnier d’opinion Béchir Laabidi, condamné le 11 décembre à dix ans de prison avec d’autres militants pour le droit au travail, a pu être enfin examiné par un phtisiologue, qui a diagnostiqué une … tuberculose contractée depuis trois mois au moins, ce qui en dit long sur les conditions de promiscuité dans nos prisons et sur l’incurie des autorités de tutelle !

Laabidi a été transféré à l’hôpital régional de Kasserine. On apprend cependant qu’il est littéralement «cloué au lit», puisqu’il a une jambe menottée !

Cette situation est inadmissible. Non seulement c’est par la faute des autorités que Béchir Laabidi se trouve dans l’état où il est, mais encore il est soumis à de mauvais traitements attentatoires à sa dignité d’homme et d’enseignant.

Il est temps de libérer cet homme ainsi que toutes les victimes de la répression qui s’est abattue sur Redeyef et les autres villes de la région. En attendant, qu’il soit au moins transféré d’urgence à l’hôpital de l’Ariana !

Attariq Aljadid