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samedi 6 juin 2009

A travers la blogosphère #10 : spéciale "1er juin, journée de la blogosphère pour le Maghreb"

Le 1er juin de chaque année est un jour particulier pour la blogosphère tunisienne. C'est le jour où on blogue pour le Maghreb ! Pour vivre son rêve maghrébin mais aussi exprimer sa frustration, ses coups de gueule... et ses espoirs déçus par un projet rendu factice par l'absence d'une véritable volonté politique…

Djebel nous fait partager son rêve d'union pour le Maghreb. Une union qui tire sa force, pour lui, de la grandeur d'un Maghreb transcendant les ethnies et les religions qui le composent. Le Maghreb est grand par "la richesse de ses couleurs, de ses cultures, de ses religions…", "l'intelligence de ses femmes et ses hommes" et son "histoire millénaire". Le Maghreb est grand aussi parce qu'il est multiple. Sa diversité, il la puise dans cette formidable "mosaïque de bédouins, (…), de berbères, de chleuhs, de kabyles, d'arabes, d'africains, d'européens, de musulmans, de chrétiens, de juifs (…) et de non-croyants". Tous sont unis par "un profond sentiment d'appartenance" et par les "rêves et les aspirations" communs et nul ne parviendra jamais, selon le blogueur, à les diviser.


Le rêve de Maghreb de Kissa Online épouse la forme d'un manifeste politique où le blogueur nous fait par de ses aspirations citoyennes et développe sa propre vision d'un Maghreb démocratique et souverain, égalitaire et respectueux de sa diversité culturelle, solidaire de ses citoyens et protecteur de son environnement écologique.



"Je le veux un Maghreb uni ;
où les citoyens jouissent de la totalité de leurs libertés politiques (association, mani-festation, expression, élections démocratiques et transparentes) ;
où la femme jouit des même droits que de l'homme et participe à la gestion des affai-res publiques ;
où la volonté politique des gouvernements est indépendante de l'hégémonie étran-gère ;
orgueilleux et protecteur de sa diversité culturelle ;
solidaire des mouvements de libération nationale et des combats pour la justice so-ciale dans le monde ;
fier de sa jeunesse ;
qui protège et sauvegarde l'environnement écologique"

PS : la photo de la jeune berbère a été empruntée au blog Djebel

Hédi Ben Smail

samedi 16 mai 2009

Le combat des journalistes pour la liberté !

La crise qui couve à l’intérieur du Syndicat National des Journalistes Tunisiens à la suite de la publication du rapport 2009 sur l’état de la liberté d’expression en Tunisie, est le signe patent de l’existence d’un épais paradoxe qui perdure depuis l’aube de l’indépendance et qui prend plus de relief aujourd’hui. En effet, le sentiment qui imprègne bon nombre de journalistes et qui les pousse à vouloir s’affranchir de la mainmise pesante du pouvoir politique bute à chaque fois sur la volonté étatique à contrer toute tentative d’autonomisation de la profession. Ce paradoxe est toujours latent, et il se cristallise davantage quand les revendications démocratiques exprimées par une partie de la profession deviennent plus évidentes. En effet, des signes révélateurs de ces dernières années montrent que les journalistes sont plus que décidés à délimiter leur territoire professionnel en défendant leurs spécificités et en dénonçant les interférences nombreuses venues de l’extérieur de leur profession.

Déjà, et à trois reprises, des journalistes du quotidien gouvernemental La Presse avaient tenu à rendre publique une liste de griefs à l’adresse de leur direction, en mettant au grand jour les brimades, les conditions déplorables, les abus de pouvoir… qu’ils subissent dans leur travail, au quotidien. Deux ans auparavant, la métamorphose de l’AJT en SNJT avait créé de grands espoirs parmi les journalistes et plusieurs indices laissaient déjà transparaître cette ferme volonté à vouloir s’affranchir de toute tutelle et surtout, à réhabiliter cette profession laissée pour compte. Le 4 mai dernier, au lendemain de la journée mondiale de la liberté de la presse, le SNJT rendait public son rapport sur l’état de la liberté d’expression dans le pays, et celui-ci se distingue par sa consistance, son exhaustivité et, surtout, par son absence de complaisance.

Et nous apprenons de même que dans des entreprises privées, des journalistes sont résolus aussi à faire entendre leur voix face à des propriétaires souvent peu scrupuleux à l’égard de la déontologie et des principes professionnels. Rapports, pétitions, déclarations circulent sur Internet et mettent en avant la volonté des journalistes à vouloir émerger comme des acteurs à part entière dans un champ médiatique où l’emprise du pouvoir et l’appât du gain facile priment souvent. A cet effet, ils recourent à tous les moyens possibles pour faire entendre leurs doléances et pour crier leur soif d’autonomie et de liberté.

Face à la prise de conscience de la profession, certains responsables zélés cherchent à semer la discorde parmi les journalistes : des membres démissionnent du bureau du SNJT avec l’intention de provoquer un congrès électif avant l’heure, des campagnes de presse sont orchestrées contre des responsables du syndicat, des contre rapports sont rédigés, mais pour convaincre qui ?… Que de réactions totalement anachroniques et incongrues qui nous rappellent bien d’autres situations… et qui montrent, que les vieux réflexes autoritaires ont encore la vie dure chez nous ! Mais, dans ce bras de fer qui oppose les journalistes aux responsables et patrons d’un autre temps, l’attitude des militants des droits de l’homme et ceux de l’opposition confondue doit être sans faille. Notre solidarité unanime et sans appel en faveur du bureau actuel du SNJT doit être totale car le combat des journalistes pour leur liberté et la dignité de la profession est aussi celui pour la démocratisation du pays et pour la reconnaissance de nos droits citoyens.

En effet, cette volonté d’autonomie est à la fois le résultat d’une maturation de la profession et dans le même temps, le miroir des signes précurseurs d’un changement substantiel qui commence à germer dans le monde des médias et qui peut stimuler une dynamique démocratique dans le pays. D’ailleurs, faut-il rappeler que dans toutes les transitions démocratiques récentes observées en Europe, en Afrique et ailleurs, le processus a d’abord été enclenché par des journalistes aguerris et déterminés qui s’étaient élevés pour dénoncer leurs censeurs et les détracteurs de la liberté en vue de réhabiliter l’autonomie et la crédibilité de la profession. Par conséquent, et à quelques mois d’une campagne électorale qui s’annonce déjà morose et insipide pour beaucoup d’entre nous, ce mouvement qui agite le monde des journalistes traduit, en fait, les espoirs de l’opposition démocratique à faire de la liberté d’expression et d’information le véritable combat de l’heure. A tous ces journalistes, audacieux et aguerris, le combat que vous menez peut frayer le chemin pour la démocratie, et les échéances électorales prochaines peuvent être l’occasion pour vous de faire en sorte que les principes d’impartialité, d’objectivité, de rigueur, d’honnêteté,… ne soient pas de vains mots et que les temps du psittacisme et des journalistes de communiqués sont bien révolus !

Larbi Chouikha

lundi 11 mai 2009

Une promenade fort instructive

Les jours fériés sont souvent l’occasion d’une sortie en famille. Le 1er Mai dernier n’a pas dérogé à la règle. Tout en ayant une pensée pour le monde du travail et aux moments difficiles qu’il s’apprête à vivre, nous fixons le programme. Au menu, la foire du livre puis direction vers une ville balnéaire du Cap Bon.

Le souvenir des faits liés à l’affiche – qui a, pendant deux heures, orné le local d’Ettajdid au 7 avenue de la liberté et qui a dérangé, entre autres, le délégué de Bab B’har et le chef de district de la police – étant encore vivace, j’étais particulièrement attentif aux affiches vantant les mérites d’un candidat aux présidentielles accompagnés par «nos» vœux d’éternelle fidélité. Je remarquai, ainsi, devant le Palais des Expositions, abritant la foire du livre, une immense affiche du candidat sortant dans un bain de foule, avec un slogan affirmant qu’il représentait notre choix unique (khiyarouna al-awhad) !! Cette affiche prenant clairement partie pour un candidat à l’exclusion des autres, en dehors de la campagne électorale, n’était toutefois pas signée.

Mais, plus tard, sur l’autoroute nous menant vers la côte sud du Cap Bon, je notai que presque sur tous les ponts sous lesquels nous passions, était accrochée une affiche à la gloire du candidat sortant. Ces dernières étaient, cependant, signées : les premières que nous rencontrions, l’étaient par le Gouvernorat de Ben Arous (sic), puis, par le Comité de Coordination (du RCD) de Ben Arous (resic) ! Au fur et à mesure que nous approchions de la mer, les affiches étaient signées par la municipalité de Grombalia, puis, par celle de Hammamet !

Conclusions : 1) Le Gouverneur, représentant de l’Etat, censé afficher une neutralité parfaite par rapport aux différents candidats, crie haut et fort sa partialité et son engagement en faveur d’un candidat (et contre les autres ?!). 2) A l’exclusion des autres partis, le RCD a le droit d’utiliser l’espace public, y compris les ponts enjambant l’autoroute, pour faire sa propagande et – quand il le veut – sa campagne électorale. 3) Les municipalités RCD – elles le sont toutes ! – ont le droit à une campagne électorale précoce ! 4) M. Zouhair M’dhaffar, qui a estimé que la Tunisie n’était pas une jeune démocratie, n’a pas visité la foire du livre et ne prends pas l’autoroute sud ! 5) La loi n’est pas la même à Bab B’har et à Ben Arous. 6) Le chemin vers le pluralisme et la démocratie est encore très long…

Boubaker Jridi

samedi 9 mai 2009

M’dhaffar l’incompris

L’argument invoqué par M. M’dhaffar pour rejeter la présence d’observateurs étrangers lors des prochaines élections présidentielles et législatives – qui a soulevé une polémique – n’a probablement pas été bien compris par les commentateurs. En effet, en affirmant que la Tunisie n’était pas «une jeune démocratie» pour accueillir des observateurs, M. M’dhaffar ne voulait sans doute pas dire que la Tunisie était une vieille démocratie ni même une démocratie mature, peut-être, qu’il voulait simplement dire qu’elle n’était pas une démocratie tout court ! Auquel cas, le rejet d’observateurs étrangers s’expliquerait facilement, et il n’y aurait plus matière à polémique !! Comme quoi, on fait souvent à nos responsables politiques de mauvais procès…

lundi 20 avril 2009

Politique et mémoire

Le black-out dont a fait l’objet, la semaine dernière, la commémoration du neuvième anniversaire de la disparition d’Habib Bourguiba de la part des médias officiels et, surtout, de la part de l’organe du gouvernement La Presse – au point de le faire disparaître de la rubrique des éphémérides !* – soulève la question du rapport entre politique et mémoire. Il est, en effet, pour le moins paradoxal que ce soient, non pas les héritiers du néo-destour et du PSD, mais les anciens adversaires politiques de Bourguiba, ceux qu’il a réprimés et qui ont goûté à ses geôles, qui traitent de son empreinte, de cette partie de notre histoire, avec sérénité, objectivité et sans le moindre complexe ni ressentiment.

Ainsi, vu du côté de la gauche démocratique et moderniste, et en allant à l’essentiel, l’édifice construit par Bourguiba pendant trente ans à la tête du pays est grand, mais il est bancal. Cette construction portée par un incontestable souffle moderniste a donné au pays des acquis précieux tels la lutte contre la pauvreté, la généralisation de l’éducation, la promotion d’une large classe moyenne et le statut progressiste de la femme tunisienne. Mais elle a raté, pour son malheur et le nôtre, le passage à la démocratie qui devait accompagner ses réalisations, les préserver et les renforcer. Il est, dès lors, nécessaire de penser ce passé proche, ne serait-ce que pour comprendre notre présent. C’est pour cela que l’on a du mal à saisir pourquoi certains s’efforcent de le gommer, a fortiori s’il s’agit de ses héritiers directs. Et ce n’est pas une simple question d’éthique politique !

Parlant, lors d’une émission radiophonique, du propos de son œuvre Khamsoun et de l’importance de ce passé, l’homme de théâtre Fadhel Jaïbi s’est exclamé: «je suis, comme tous ceux de ma génération, le fils de Bourguiba !». Alors, de grâce, n’éludez pas cette page de notre histoire – avec ses réussites et ces défaillances – et ne laissez pas les jeunes s’interroger sur l’identité de leur «grand-père» et ses réalisations...

Baccar Gherib

* Voir n°123 d’Attariq Al Jadid

NDLR : Photo d'illustration,
source.

dimanche 19 avril 2009

A travers la blogosphère n°3

Des organisateurs désemparés, des fans dépités et un concert finalement annulé. L'absence sur la scène du groupe anglais de metal (hard rock) Anathema n'a pas fait que des déçus, elle a aussi provoqué un gros dégât collatéral inattendu…
Début février, les fans d'Anathema sur la blogosphère se félicitent de la venue du groupe dont la prestation sur la scène de l'Acropolium de Carthage prévue pour le 4 avril est très attendue. Radio Njoy exprime son excitation sur son blog. Il "n'y crois toujours pas!!!!" à l'idée de "les voir en vrai!!!!!". Les fans affluent même de l'intérieur du pays et du Maroc. Mille billets ont été vendus. Le jour du concert, le blog de Mouse Hunter annonce son report au 6 avril à cause d'"une autorisation manquante du ministère de l'intérieur". Le concert est finalement annulé. Pourtant, l'organisateur affirme dans un communiqué de presse repris par le blog Nothin' but a good time que toutes "les démarches ont été faites comme il se doit" et que "plusieurs réunions de coordinations avec les autorités (…) dont le résultat a été positif" ont été organisées "plusieurs mois à l'avance". Mais les raisons de cette annulation ne seraient pas administratives. L'un des techniciens d'Anathema, qui tient un blog, annonce que le ministère de l'intérieur a été informé que les membres du groupe anglais étaient des "adorateurs de Satan" qui "mangent les chats noirs et boivent leur sang" (sic !). Pourtant, le blog spécialisé Nightwatcher's House of Rock affirme que les paroles d'Anathema n'ont "jamais fait l'objet de controverse" et que le groupe a même donné des "concerts spéciaux accompagné d'amis du Royal Liverpool Philharmonic Orchestra". Il semble donc que le concert a été victime d'un acte de sabotage. L'histoire ne s'arrête pas là et sa fin est tragi-comique. Le concert annulé d'Anathema devait être accompagné d'un groupe tunisien et du chanteur italien Fabio Lione. Tout ce beau monde a donc dû plier bagage. Mais leurs fans ne seront pas déçus car La Presse, sous la plume de Mourad Bouzidi, a tenu à les consoler en leur livrant un compte-rendu imaginaire de la prestation virtuelle de Fabio Lione ce même 4 avril à l'Acropolium de Carthage. Le "journaliste" n'a rien oublié : l'énoncé détaillé des morceaux chantés pendant ce concert, le "public nombreux (…) ravi de la prestation de cet artiste", allant même jusqu'à rapporter des déclarations imaginaires de l'artiste italien "dans les coulisses, juste après le concert". Des blogueurs ont découvert la supercherie. Nothin' but a good time relate dans son blog cette "prouesse journalistique monumentale" digne d'un "journalisme d'une autre dimension". Nadia from Tunis félicite "les journalistes de La Presse" pour avoir inventé un "genre nouveau" : "la chronique des événements qui n'ont jamais eu lieu" et congratule M. Bouzidi un "magicien" qui a trouvé "la dimension parallèle" pour emmener les fans "dans sa machine à réinventer le temps" pour "l'aventure (…) de la téléportation".

La Tunisie aime figurer en bonne place dans les divers classements internationaux. Après le forum de Davos et International Living qui ont loué nos remarquables performances économiques et notre excellente qualité de vie - malgré les nombreuses critiques envieuses - notre pays s'est essayé au dernier concours du The Economist Intelligence unit.
Dans le souci d'éclairer davantage l'opinion publique sur les réalisations de notre pays, Carpe Diem s'est penché minutieusement, document original à l'appui, sur l'article de La Presse qui loue les performances de la Tunisie dans cette étude* du célèbre journal économique britannique. Le blogueur dénonce une information "manipulée" et "incomplète". Alors que les médias officiels se gargarisent du bon classement de la Tunisie qui se situe "au même rang que des pays européens" et se permet même le luxe de devancer "d'autres pays parmi eux", le blogueur découvre avec stupeur qu'on a omis de préciser qu'en fait de stabilité politique, le classement porte sur l'"instabilité politique" et "la vulnérabilité à l'agitation politique et sociale" où notre pays affiche un classement plus qu'honorable puisqu'il n'est devancé que par les meilleurs élèves de la classe, Libye, Emirats arabes unis, Sultanat d'Oman… "des dictatures encore plus enracinées". Un classement qui révèle finalement, selon Carpe Diem, "le degré d'immobilisme politique en Tunisie". Mais l'enthousiasme du journal gouvernemental n'a pas de limites. Dans son élan euphorique, La Presse a malencontreusement oublié de mentionner un autre classement flatteur pour notre pays dans cette excellente étude qui révèle, de manière inattendue, que la Tunisie "arrive à la 141ème place sur 167 pays" dans la catégorie Régimes autoritaires avec une "note globale de 2,96/10" et un "zéro pointé" dans la rubrique Processus électoral et pluralisme. Mais nous le savons tous, les chiffres sont trompeurs, seule l'action compte…

*Les références complètes de l'étude de The Economist intelligence unit (1, 2, 3)

Hédi Ben Smail

NDLR : de légers correctifs de forme ont été apportés par l'auteur à la version électronique de l'article.

jeudi 2 avril 2009

Réconcilier le citoyen avec la politique : une entreprise de salut national

L’annonce officielle de la candidature d’Ahmed Brahim aux élections présidentielles de novembre 2009, a été rapportée par l’agence officielle Tunis Afrique Presse (TAP) dans un communiqué aussi bref que laconique, qui, non seulement réduit l’information à sa plus simple expression, mais se permet même de la déformer !

Ainsi, l’agence - que les médias officiels se sont contentés, pudiquement, de reproduire - omet-elle délibérément de signaler que M. Brahim n’est pas le candidat du seul mouvement Ettajdid, comme elle l’affirme, mais celui de l’Initiative Nationale pour la Démocratie et le Progrès (INDP), composée de partis de la gauche démocratique et progressiste et de militants indépendants animés par les mêmes principes et valeurs.

De même, un point saillant du discours du candidat lors du meeting tenu le 22 mars - que des organes d’information ont, à juste titre, souligné, mais que TAP et les organes officiels ont, évidemment omis - c’est son intention clairement affichée de ne pas jouer le figurant, ni même les seconds rôles, mais de se mesurer, d’égal à égal, au candidat du parti au pouvoir et de se montrer un concurrent crédible.

Non pas qu’il se fasse des illusions sur le résultat final d’une bataille inégale, gagnée d’avance - en ce qui concerne le prochain président de la république - par le président sortant, mais tout simplement pour prouver qu’un autre chemin et d’autres options sont possibles, voire indispensables à l’essor du pays et à la préservation de ses acquis.

Dans la morosité et la platitude qui caractérisent le paysage politique tunisien, cette déclaration a de quoi attirer l’attention de l’opinion publique et des médias, car elle tranche nettement avec l’unanimisme de façade et la langue de bois, devenus monnaie courante dans le débat politique actuel.

Le candidat de l’INDP se propose, en effet, d’aller au fond des problèmes majeurs qui préoccupent notre peuple : qu’il s’agisse des entraves à l’accélération du rythme de développement de notre économie, de la stagnation du taux élevé de chômage, notamment celui des jeunes diplômés, de la dégradation du niveau de l’enseignement, des tâtonnements de la réforme du système sanitaire ou enfin du désarroi des jeunes et moins jeunes face à leur avenir, l’Initiative a pour ambition de montrer qu’une alternative crédible et réalisable est possible, et qu’elle était prête à une confrontation d’idées et d’arguments à ce sujet. Ce faisant, elle aura à cœur d’élever le débat, de transcender les considérations étroitement partisanes, pour que chaque candidat puisse avancer ses opinions, son programme politique et convaincre, non pas par des discours creux et des slogans éculés, mais par la force de l’argument, dans un échange serein et constructif, d’où sera bannie toute forme de surenchère et de démagogie.

C’est ce type de débat, sain et fructeux, que nous appelons de nos vœux et que nous voulons voir s’instaurer dans le pays. Nous entendons y contribuer largement par notre attitude, à la fois ferme, responsable et constructive afin que les électeurs puissent être suffisamment éclairés sur les véritables enjeux de la joute électorale et faire leur choix en toute connaissance de cause. Et c’est précisément vers cet objectif que devraient, à notre avis, tendre les efforts de tous les candidats, pour que la consultation électorale cesse d’être un rituel dénué de toute signification politique et boudé par la majorité de nos concitoyens, désenchantés quant à un possible changement par la voie des urnes- ce qui n’est guère rassurant pour l’avenir !

A cette fin, le candidat de l’Initiative a proposé la constitution d’une commission indépendante qui aura la charge de réviser le code électoral dans le sens de la levée de tous les obstacles à une participants massive et libre du corps électoral, et à l’expression rigoureuse et transparente des résultats du scrutin, une révision qui mettrait les lois électorales en concordance avec les normes internationales en la matière, telles que définies par les organismes compétents du système de l’ONU et de l’OCDE.

La Tunisie, qui s’est octroyé une place respectable dans le concert des nations, grâce à la vivacité de son peuple, au génie créateur de ses illustres fils, et qui est fière de ses acquis réalisés au prix d’une longue lutte et des sacrifices de son peuple, mérite certainement une vie politique plus digne, plus conforme à la maturité de ses forces vives et de ses élites. Dans cette Tunisie démocratique que le peuple tunisien appelle de ses vœux, le seul privilège qui sera reconnu sera celui qui est dû à la compétence et au dévouement au peuple et à la Patrie.

C’est pour une telle Tunisie que l’Initiative et son candidat Ahmed Brahim militent, en tendant la main à toutes les bonnes volontés qui voudront s’associer à cette œuvre grandiose et exaltante.

La décision de l’Initiative et de son candidat de participer aux prochaines élections malgré des conditions, au départ, très peu favorables et les multiples écueils qu’elle ne manquera pas de rencontrer, est l’expression tangible de sa détermination à se saisir de toutes les opportunités pour participer à toutes les batailles politiques afin d’apporter sa contribution, qualitative et effective, à cette entreprise de véritable salut national.

Abdelaziz Messaoudi

mercredi 1 avril 2009

La «pause d’un député» ou les députés vus par eux-mêmes !

Nous nous étions arrêtés, il y a deux semaines, sur le contenu – édifiant – de l’interview d’un député RCD par notre consoeur Assabah Al-ousbouî dans le cadre de sa rubrique istirâhatou nâ’ib (pause d’un député). Nous l’avons, en effet, trouvée fort révélatrice des «spécificités» de notre démocratie. Car elle contenait l’aveu d’une déconnexion entre la députation, les électeurs et les élections tout court !

Il était, dès lors, fort intéressant pour nous de suivre cette rubrique et de voir ce qu’elle pouvait encore révéler – à son insu ? – du fonctionnement du système politique tunisien et de la perception de la députation. L’interview étant structurée selon un canevas immuable – on demande essentiellement au député de se présenter, d’évaluer son (ou ses) mandat(s) et d’apprécier ses chances pour les prochaines «élections» – , il est possible d’en tirer quelques enseignements quant aux constantes ou quant aux nuances.

Aussi, remarquons-nous, pour la livrée du 23 mars, qui concerne encore un député RCD, des réponses plus nuancées que celles de son prédécesseur qui s’est distingué, il est vrai, par son franc-parler. Il faut avouer, aussi, que les questions (préparées par M. Sofiane S’hili) ont été légèrement retouchées et il n’y est plus fait allusion à la confiance des électeurs, mais seulement à leur «regard» (sic). Ce qui évite d’acculer le député sur un terrain glissant. Toutefois, dans ce cas aussi, la députation reste tributaire du préélectoral – le choix du RCD – et le principal regret est celui de «ne pas avoir pu rendre service à tous ceux qui l’ont souhaité».

Notons, par ailleurs, l’apparition d’une nouvelle question portant sur l’intérêt pécuniaire de la députation et évoquant un enrichissement possible après deux mandats consécutifs. Ce à quoi notre député, pourtant président régional de l’UTICA, répond que, à la fin de son deuxième mandat, il «continue d’appartenir, comme 80% des Tunisiens, à la classe moyenne» ! Heureux pays, la Tunisie, où même d’éminents représentants du patronat appartiennent à la classe moyenne…
A bientôt ! En espérant, grâce à la prochaine «pause» et au prochain député, en savoir un peu plus sur la députation en cette année électorale et voir ce qui importe à «nos élus», au-delà de figurer sur les listes RCD, mettre du beurre dans ses épinards et rendre service.

Boubaker Jridi

lundi 30 mars 2009

El Hamra… Zarqa !

En cette matinée de dimanche, la salle El Hamra, mythique salle de cinéma au cœur de la ville, s’est réveillé parée de bleu azur, couleur de la coalition du progrès pour les élections de 2009. Jeunes et moins jeunes, des générations de la gauche tunisienne, se sont retrouvées dans cette salle pour donner les trois coups de lancement de la campagne d’Ahmed Brahim, candidat de l’Initiative nationale pour la démocratie et le progrès (INDP) .

Certes, le peuple de gauche n’était pas présent dans son intégralité : certains sont sceptiques, d’autres plutôt catégoriques dans le refus de la participation. Mais il semblerait qu’il y ait un frémissement, le signal d’une dynamique qui peut être mobilisatrice et créatrice d’espoir.

Plusieurs intervenants se sont succédés à la tribune et, dans la diversité des appartenances, un seul mot d’ordre a semblé dominer tous les discours : unité dans l’action et résolution à mener le combat pour une autre alternative : celle du progrès et de la modernité.

Au sortir de cette réunion, certains de mes camarades m’ont interpellé pour critiquer pêle-mêle, un certain amateurisme, concernant l’orchestration et la mise en scène de l’annonce de la candidature. D’autres, heureusement, avaient formulé des remarques de fond sur le discours du candidat et le programme de l’INDP. Toutes ces remarques et tous ces reproches sont bons à prendre. Car il ne s’agit, à ce stade, que du début de la campagne et, pour avancer, il faut savoir écouter même les critiques les plus virulentes… Du moment, bien sûr, qu’elles sont sincères (ce qui ne fait pas de doute dans le cas d’espèce).

Six mois nous séparent de l’échéance de novembre 2009. Il faudra en profiter pour multiplier les cercles de discussions, non seulement dans la capitale, mais aussi dans les régions. C’est d’un débat le plus large possible et sur un maximum de questions concernant nos concitoyens que jailliront des propositions utiles au pays et qui feront avancer la cause du progrès et de la modernité.

En cette matinée d’un dimanche ensoleillé, une lueur d’espoir, un moment de communion a rempli la salle El Hamra. Gageons que, avec une plus grande mobilisation, la Tunisie du progrès et de la modernité, celle qui rêve de citoyenneté et de liberté, saura se faire entendre et se faire respecter.

Mehdi Ben Jemâa

PS : le proprio de la salle n’a pas trouvé de meilleur moment pour vider les égouts que ce dimanche 23. Je dis bien le proprio et non ceux qui gèrent la salle (les Ezzedine Ganoun, Leila Toubal et Rym Hamrouni) à qui je rends hommage, parce que, de nos jours, offrir son espace pour une manifestation politique, est un acte héroïque…

samedi 14 mars 2009

Pour avancer !

Cet article est né d’une conviction forte qui anime ses auteurs que le combat en faveur de la démocratie dans notre pays passe nécessairement par une rupture inévitable avec des conservatismes et avec une certaine forme de rigidité de l’esprit présente chez beaucoup d’entre nous. Une rupture avec cette attitude qui consiste à s’inquiéter, à s’offusquer, à être désarçonné quand il s’agit de toucher à « l’héritage » des générations qui nous ont précédées. Cette posture qui glorifie les anciens, le passé, ses icônes et ses représentants. Cette façon de faire de la politique ou de s’impliquer dans la chose publique qui a fait qu’un relais entre les générations ne soit pas passé. Cette manière de procéder qui a vidé nos syndicats de travailleurs et d’étudiants, qui a empêché nos partis de se développer et qui frappe la Ligue des droits de l’homme de sclérose.

Que des militants, ici et là, de toutes générations, se soient impliqués, corps et âmes, dans le combat pour la démocratie et la liberté, que des gens se soient dévoués pour la cause malgré l’encerclement et le harcèlement qu’ils ont subis, que des sacrifices immenses aient été consentis: on ne peut en douter. Que le pouvoir en place s’arrange pour empêcher et pour affaiblir toute velléité d’opposition, qu’il ne soit pas particulièrement préoccupé par les considérations de gestion démocratiques et de promotion des libertés: ceci relève de l’évidence. Il ne s’agit pas, dans ce qui suit, de tout dénoncer ou de tout balayer d’un revers de main. Il ne s’agit pas, non plus, de poser la question en des termes de générations. C’est un regard humble, détaché, lucide et incomplet que nous proposons sur les acteurs de la démocratie et du militantisme dans notre pays.

Premier constat. Il existe du côté de chez nous, une spécificité locale: une inter- pénétration et une proximité entre les sphères politique, syndicale et associative. On peut être aussi bien adhérent à un parti politique reconnu ou non, affilié à un syndicat de travailleurs, d’étudiants ou à un ordre professionnel et membre d’une association. Ce don d’ubiquité est légitime: «c’est de bonne guerre», nous dira-t-on. Le personnel disponible est limité, et les adversaires d’en face font de même. Ce cumul des casaques a travesti un paysage démocratique qui avait déjà beaucoup de peine à se former et à se régénérer. Pour gagner des positions sur l’échiquier, des groupes politiques ont investi les associations et les syndicats pour essayer d’en tirer profit et d’en faire une tribune. L’UGTT, par exemple, regroupe pêle-mêle, aux côtés des simples travailleurs, toutes les tendances politiques qui existent dans le pays. Pareil pour la Ligue des droits de l’homme. Idem pour la section tunisienne d’Amnesty International. Les considérations partisanes, parfois contradictoires, déforment l’action syndicale et associative. Les partis politiques, censés être porteurs de changement, perdent leur faculté de réfléchir, de juger, de décider, de critiquer et d’agir sur certaines questions. La couverture du dossier des négociations salariales dans le secteur de l’enseignement supérieur et la polémique qu’il a suscitée en sont les parfaites illustrations. Il est inutile, par ailleurs, de s’étendre sur des structures et des cadres qui vieillissent, qui ont du mal à se renouveler et sur un témoin qui ne passe pas entre les générations. Il ne faut pas se leurrer quand on voit des jeunes ! Ces jeunes qui assistent à des réunions de partis ou d’association, qui s’intéressent ou qui s’impliquent timidement dans la chose publique sont en nombre limité. Soit ils appartiennent à des groupes politiques, fermés par définition, sous l’emprise d’un chef charismatique, soit ils assistent silencieux, laissant la parole et l’écrit à ces visages et à ces noms qu’ils retrouvent partout.

L’évocation des jeunes nous amène à exposer le cas des étudiants et de leur organisation. La « glorieuse » UGET. Une organisation à laquelle sont attachées, comme nous, beaucoup de Tunisiens. En son sein, des générations d’étudiants ont été initiées au militantisme, à la culture, aux livres, à l’idéal de liberté, etc. Grâce à elle, aux assemblées générales et aux grèves, des couples d’amoureux se sont formés, des camarades ont forgé leurs liens et des amis ont initié un chemin commun qui durera une vie. Mais, désormais, l’UGET n’est plus qu’un fantôme de ce qu’elle était. Les couples existent encore. On parle toujours de camaraderie dans les multiples communiqués des différents groupes, et on fait encore des AG et des grèves un peu à la manière des aïeuls des années 70. Il est vrai que, dans sa déconfiture, l’UGET paie le prix des pressions et des manœuvres du pouvoir. Elle est surtout la victime de ses enfants, de leurs calculs politiciens, de leurs défaillances en matière de gestion démocratique et de gestion tout court. Notre jugement est certainement sévère et triste. Il est le fruit d’un constat.

L’UGET est devenue une coquille vide. Une organisation limitée à quelques structures actives. Une organisation complètement divisée de l’intérieur sur fond de querelles stériles entre des groupes rivaux. Sur ce point, nous n’épargnons la responsabilité de personne. L’organisation des étudiants a le triste mérite de produire des maîtres stratèges et des maîtres tacticiens, experts pour déjouer les combines des autres clans et extrêmement habiles pour éviter la récupération. C’est une autre paire de manches quand il s’agit de leur demander de proposer un projet rénovateur ou de répliquer aux réformes de l’enseignement supérieur. Six années sont passées sans que l’organisation ne puisse arriver à renouveler ses structures. L’UGET est aujourd’hui morcelée, déchirée et complètement affaiblie. Cette situation est inacceptable pour le pays et pour ses étudiants, si on mesure les effets de l’opération de «démantèlement» de l’université publique. Pour être défendue, «l’université populaire et l’enseignement démocratique» ont besoin d’une, ou de plusieurs, représentations syndicales fortes, ayant présence et influence chez la masse estudiantine. Dans ce domaine force est de constater que par son discours inadapté, ses moyens d’action militante désuets et par son incapacité à évoluer, l’UGET n’attire pas foule d’étudiants. L’organisation estudiantine n’a jamais pu forger une ligne directrice capable de capter le soutien des étudiants pour les justes causes qu’elle doit défendre. Nous souhaitons, comme beaucoup d’autres, une relève. Nous aimerions voir notre constat démenti par l’engagement de beaucoup de militants présents sur le terrain. Ceci n’empêche pas que l’UGET, dans sa forme actuelle, est un écran opaque entre les étudiants, la défense de leurs intérêts et l’engagement citoyen. Que faire pour dépasser cette situation ? Que faire pour garantir son indépendance ? Il est de notre responsabilité d’aider à trouver une issue. Pourrait t-on retrouver un jour une étudiante de 22 ans à la tête de l’organisation, maniant avec dextérité le dialecte tunisien, les langues arabe et française pour déconstruire, arguments de poids à l’appui, les réformes du ministère? Le rêve est t-il permis?

L‘avènement de la démocratie dans nos contrées ne sera pas pour demain. Il n’en demeure pas moins que le combat pour la démocratie ne doit jamais s’arrêter. Le flambeau doit être repris. La relève doit être assurée. Nos rangs doivent se renforcer et se resserrer encore plus fort. Dans cette quête, il est impératif de repenser notre façon de lutter et de combattre pour nos idéaux. Il est absolument requis que nos partis démocratiques fassent évoluer leur mode de gouvernance. Un souffle novateur doit inspirer notre démarche à nous, peuple des progressistes et des démocrates. C’est ensemble, par notre unité, par notre sens de l’écoute, par notre cohérence, par la critique réciproque et par notre présence sur le terrain que nous saurons montrer, un jour ou l’autre, notre exemplarité, la force de nos idées et la justesse du projet que nous présenterons un jour à notre Peuple.

Nous avons écrit cette modeste contribution et pris le risque de fâcher certains de nos lecteurs pour ne pas reporter à plus tard l’autocritique, même douloureuse, qui devrait être faite aujourd’hui. Nous l’avons fait aussi pour ne pas brider notre volonté de faire évoluer le combat et, surtout, pour ne pas laisser de côté cette part de rêve qui nous anime d’une Tunisie meilleure, d’une Tunisie ouverte, d’une Tunisie démocratique et d’une Tunisie qui prenne pleinement pied dans le 21ème siècle. Cette Tunisie là, nous la voulons. Avec d’autres, nous apporterons notre pierre à l’édifice commencé par ceux qui nous ont précédés. Au risque de faire sourire certains, c’est cette part de rêve qui sera, peut être, le commencement d’une renaissance. Nous vous invitons, chers lecteurs, à vous joindre à nous.

Mehdi Ben Jemaa et Anouar Ben Naoua

dimanche 8 mars 2009

Quand un député RCD force notre estime !

Il est rare, dans nos médias, qu’un politicien ou qu’un commentateur de la chose publique dévoile aussi crûment l’état de notre démocratie que ne l’a fait, dans l’interview qu’il a accordée au journal Assabah el-ousbouî, le député RCD Abdellatif Mekki, inspecteur de l’enseignement primaire de son état.

En effet, notre député n’est pas un amateur de la langue de bois. Car à la question «Pensez-vous que les électeurs vous renouvelleront leur confiance à l’occasion des prochaines élections?», il a eu cette réponse lapidaire, fort édifiante: «C’est M. le Président, le président du RCD qui accorde sa confiance, et je serais heureux si j’en bénéficiais de nouveau…» !

Peut-on être plus explicite que cela? En gros, dans le système électoral tunisien, les électeurs n’ont aucune importance. Pour être sûr d’être député, il faut tout simplement être sur la liste du RCD. Et pour cela, il faut mériter la confiance de son président. CQFD.

Le propos de M. Mekki pourrait choquer des esprits habitués à une conception de la démocratie où ce sont les électeurs qui choisissent les députés, mais il résume sans doute à la perfection le fonctionnement démocratique dans notre pays : durant plus d’une cinquantaine d’années de «joutes» électorales, on n’a jamais enregistré l’échec d’un candidat du parti au pouvoir à la chambre des députés !

Ainsi va la démocratie chez nous ! Et nous savons gré à M. Mekki de nous en rappeler les règles du jeu en cette année électorale. Mais pour plus de rigueur sémantique, ne faudrait-il pas appeler, désormais, nos élus les «députés du président» au lieu de «députés de la nation» ?

Boubaker Jridi