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samedi 6 juin 2009

A travers la blogosphère #10 : spéciale "1er juin, journée de la blogosphère pour le Maghreb"

Le 1er juin de chaque année est un jour particulier pour la blogosphère tunisienne. C'est le jour où on blogue pour le Maghreb ! Pour vivre son rêve maghrébin mais aussi exprimer sa frustration, ses coups de gueule... et ses espoirs déçus par un projet rendu factice par l'absence d'une véritable volonté politique…

Djebel nous fait partager son rêve d'union pour le Maghreb. Une union qui tire sa force, pour lui, de la grandeur d'un Maghreb transcendant les ethnies et les religions qui le composent. Le Maghreb est grand par "la richesse de ses couleurs, de ses cultures, de ses religions…", "l'intelligence de ses femmes et ses hommes" et son "histoire millénaire". Le Maghreb est grand aussi parce qu'il est multiple. Sa diversité, il la puise dans cette formidable "mosaïque de bédouins, (…), de berbères, de chleuhs, de kabyles, d'arabes, d'africains, d'européens, de musulmans, de chrétiens, de juifs (…) et de non-croyants". Tous sont unis par "un profond sentiment d'appartenance" et par les "rêves et les aspirations" communs et nul ne parviendra jamais, selon le blogueur, à les diviser.


Le rêve de Maghreb de Kissa Online épouse la forme d'un manifeste politique où le blogueur nous fait par de ses aspirations citoyennes et développe sa propre vision d'un Maghreb démocratique et souverain, égalitaire et respectueux de sa diversité culturelle, solidaire de ses citoyens et protecteur de son environnement écologique.



"Je le veux un Maghreb uni ;
où les citoyens jouissent de la totalité de leurs libertés politiques (association, mani-festation, expression, élections démocratiques et transparentes) ;
où la femme jouit des même droits que de l'homme et participe à la gestion des affai-res publiques ;
où la volonté politique des gouvernements est indépendante de l'hégémonie étran-gère ;
orgueilleux et protecteur de sa diversité culturelle ;
solidaire des mouvements de libération nationale et des combats pour la justice so-ciale dans le monde ;
fier de sa jeunesse ;
qui protège et sauvegarde l'environnement écologique"

PS : la photo de la jeune berbère a été empruntée au blog Djebel

Hédi Ben Smail

samedi 2 mai 2009

A travers la blogosphère #5 : spéciale foire du livre

La foire du livre de Tunis est un événement culturel majeur dans notre pays. Depuis quelques années elle est devenue un sujet récurrent d'indignation. Les blogueurs ne sont pas en reste.

Alors que Marsaletta s'avoue "apeuré" par "l'invasion extérieure" de "voilées" et de "talibans", Un œil sur la planète se demande si la foire du livre ne s'est pas progressivement transformée en "forum religieux" où les "femmes voilées se couvrant même les mains" côtoient des "hommes (vraiment) barbus". Il s'étonne de cette "invasion du dogme religieux" qui a couvert les stands de la foire de "livres de religion et encore de religion" et s'interroge sur la place qui a été laissée à "la culture francophone (…), anglophone ou même la littérature arabe". Khanouff, quant à lui, continue de croire au livre malgré le "débordement (…) de livres jaunes d'une autre époque" sur les "étals, (…), des tréteaux et (...) à même le sol". Des livres sur "la conduite de la jeune bonne musulmane", des couvertures avec "la fillette de moins de cinq ans voilée"… Le blogueur tient malgré tout à respecter son "engagement" de visiter les "rares éclairés îlots" qui restent et continue de "croire dans le livre", un jeu de mot subtil dont il use pour exprimer sa foi dans la culture.

Ayech mel Marsa, tout en tournant en dérision ces "Tunisiennes" rencontrées dans les halls de la foire du livre, "gantées" et couvertes de la "tenue totale du ninja saoudien", s'essaye dans sa note à une analyse de ce phénomène en adoptant la posture d'un "observateur (…) critique de la société tunisienne". Le blogueur se demande si cet "engouement des jeunes pour les livres jaunes" n'est pas en réalité un indicateur d'une "crise identitaire profonde". Il définit l'identité comme un "produit (…) commun" ne relevant d'aucune "nature" donnée, mais une "entité en mouvement". Ce "produit culturel" est, en définitive, le reflet de "notre pauvreté et notre vacuité culturelles". Poursuivant son analyse qui, selon lui, relève désormais du politique, le blogueur pointe un doigt accusateur vers "la dictature et l'autoritarisme", coupables d'empêcher l'intellectuel de créer et, partant, de participer à la construction d'une identité nouvelle grâce à une nouvelle production culturelle, seule voie "intelligente" capable de "contrecarrer la force de l'autorité". Le blogueur appelle enfin à un effort collectif de "construction identitaire", un "devoir de création" pour s'opposer à l'autoritarisme que nous subissons dans "nos familles, notre société et notre Etat", pour que l'idée de "république continue (encore) d'avoir un sens".

Marsoise choisit un angle d'analyse différent pour tenter d'expliquer le succès de la "littérature" religieuse à la foire du livre. La blogueuse évoque d'abord "la loi de l'offre et de la demande" pour expliquer l'offre importante de "livres religieux" chez les "maisons d'édition orientales", tout en s'interrogeant parallèlement sur la faible présence des "maisons d'édition françaises". Et la blogueuse de stigmatiser immédiatement la politique culturelle de la France à l'endroit de nos pays qui va entraîner, selon elle, son "suicide culturel" en "s'éloignant de plus en plus des pays qui formaient le maillon fort de la francophonie". Elle cite d'abord la disparition de nos écrans des chaînes françaises de télévision "qu'on regardait gratuitement" et qui ont cédé la place à "la concurrence des chaînes du Golfe". Puis elle poursuit en critiquant, pêle-mêle, la "présence insignifiante" des "maisons d'édition françaises à (la) foire du livre", et les "prix exorbitants" des livres qui les rendent "inaccessibles au Tunisien moyen" allant même jusqu'à déplorer que "la collection des livres (…) de la bibliothèque Charles de Gaulle (…) est pratiquement la même depuis longtemps…".

NB : La caricature a été empruntée au blog de Ayech mel Marsa

Hédi Ben Smail

lundi 16 février 2009

Pénurie de producteurs !

Nous avons connu la pénurie du lait, celle des fameuses cigarettes locales (les 20 Mars légères), mais aussi d’un bon chasseur de buts pour l’équipe nationale, etc… Mais là, nous assistons à un phénomène tout à fait nouveau : la pénurie totale de producteurs d’émissions de télé sur notre chaîne nationale et la monopolisation du prime time et de l’access prime time par une seule société de production !

Cette dernière ne cesse d’alimenter notre chaîne nationale en produits télévisuels, d’émissions de jeux à la télé réalité en passant par les télénovelas. Seuls lui échappent, pour le moment, et sans exagérer, le JT, la météo et le sacro-saint Dimanche Sport. Mais sait-on jamais ???

Limitée à une émission ou deux, la collaboration avec cette boîte de production peut être compréhensible. Mais qu’elle devienne l’unique pourvoyeuse des émissions phares de notre chaîne nationale, c’est on ne peut plus problématique. Et cela pour au moins deux raisons :

1- Certes, il n’est pas interdit aux responsables de TV7 de chercher à attirer un public large et il n’est pas prohibé de vouloir assurer des recettes publicitaires conséquentes... Mais est-ce pour autant la vocation première d’une chaîne publique financée en partie par une redevance payée par les citoyens ? De même, le contenu des émissions proposées par cette boîte de production, composé essentiellement de divertissement et de recherche de l’émotionnel, ne semble pas aller de pair avec les objectifs d’une chaîne d’utilité publique. Certains pourraient nous rétorquer que le Tunisien a aussi le droit de se divertir. Et ils ont raison. Mais que la chaîne nationale range de côté les émissions d’information, de culture, de débats sur les préoccupations citoyennes pour ne devenir qu’une télé de divertissement et une entreprise financière rentable, c’est là un schéma qui me semble tout à fait dangereux.

2- A observer la scène nationale qui regorge de nombreux talents s’activant dans le milieu artistique et de la communication, il est évident que d’autres jeunes et moins jeunes éléments peuvent alimenter notre télévision d’émissions variées et de grande qualité. Toutefois, il semblerait qu’une priorité absolue soit donnée à cette boîte de production, au détriment de boîtes concurrentes. Une chaîne de télévision publique, même si elle est autonome de par son statut, se doit d’être ouverte sur tous les tunisiens et d’avoir pour souci constant de respecter les garanties relatives aux règles de transparence et d’équité.

Par ce billet, j’exprime mon espoir de voir notre chaîne nationale s’ouvrir davantage sur tous les talents compétents dans l’animation audiovisuelle. Je tiens aussi à exprimer mon souhait de voir sa programmation corrigée dans le sens d’une plus grande part consacrée aux émissions de débat citoyen et d’un contenu culturel de qualité.

MBJ