lundi 27 avril 2009

A travers la blogosphère #4

L'accident de bus de Mornag a suscité les interrogations indignées de certains blogueurs. Au menu : rumeur et responsabilités.

Errances s'interroge sur la véracité des chiffres des victimes de l'accident avancés par les médias officiels. Le blogueur, convaincu que les dégâts humains étaient plus importants, met en doute ces chiffres dans un pays où "il ne se passe jamais quelque chose". Constatant "une forte perturbation" de la circulation automobile "pendant des heures entières" et remarquant "l’embarras et le débordement" des "agents de la police et de la garde nationale" présents sur les lieux en nombre important, il conclut à "l'atrocité de l'impact du drame" et acquiert la certitude "que ce qui se passe n'avait rien d'ordinaire ni de banal". Les doutes du blogueur sont relayés dans les commentaires de sa note où les internautes, tour à tour, mettent en évidence une variation du bilan de l'accident selon les médias, avancent des chiffres différents des victimes en s'appuyant sur leurs propres sources ou rappellent que des accidents graves ont déjà eu lieu sans qu'aucun organe de presse n'en parle ! Errances stigmatise l'attitude des médias qui présentent une information univoque dont la source est invariablement l'agence officielle TAP. Sa note pointe du doigt la crédibilité de l'information produite par nos médias qui "à défaut d'information crédible et responsable" favorisent la "rumeur" qui, dans le cas de l'accident de Mornag, a fait dire à certains que "le nombre de morts aurait atteint 86" ou que le bus contenait "plus de 250 passagers" alors qu'il ne peut transporter "plus de 80 personnes".

Kiffe Grave, quant à lui, fait l'inventaire des manquements divers qui ont rendu cet accident "tout à faire prévisible" et s'interroge sur l'identité des responsables de la catastrophe. Pour le blogueur, les responsabilités sont multiples et se situent à différents niveaux. Sont désignés l'état vétuste de certains bus "qui mériteraient d'être jetés à la casse", l'attitude coupable de certains chauffeurs "qui (…) en toute impunité (…) ne respectent ni les horaires, ni le code de la route" et enfin, ceux qui sont censés faire respecter l'ordre en assurant qu'il n'a "jamais vu un bus arrêté par un policier parce que les passagers étaient accrochés aux portes (…), pour ne pas avoir respecté le code de la route" ou "pour excès de vitesse". Le blogueur conclut en demandant "des comptes à la Transtu (…) et aux différents responsables en charge de ces dossiers".

La crise a, enfin, eu raison de l'optimisme béat de nos responsables économiques qui viennent de réviser - encore une fois - le sacro-saint taux de croissance économique du pays.


La plume – For a better world rappelle que cette révision est la deuxième consécutive – une première baisse de 6 à 5,1% ayant déjà intervenu à la fin de l'année précédente. La nouvelle révision établit à 4,7% les prévisions de croissance du PIB pour 2009. Le blogueur affiche une prudence de rigueur pour ce taux qui "ne reflète en rien l'évolution probable de la croissance économique tunisienne dans le second semestre de 2009 (…) dans un contexte international morose et une visibilité à court terme très limitée" de la poursuite de la crise économique et financière. Cette baisse de la croissance se traduira, selon le ministre des finances dont les propos sont rapportés par le blogueur, par "une aggravation du déficit budgétaire" et "une réduction des ressources fiscales" qui sera compensée par la réduction des subventions des prix des hydrocarbures en cas de stabilité des prix actuels. Le blogueur ne se fait pas d'illusion sur "la politique de la Tunisie dans (ce) domaine" : "augmentation et pas recul du prix à la pompe". Celui-ci critique la "prise en charge par l'Etat des cotisations patronales pour les entreprises menacées" par la crise. Une mesure, selon lui, qui "vise à aider ouvertement le patronat" alors qu'on oublie d'augmenter les "salaires des travailleurs" pour "booster l'économie grâce à la consommation", une politique qui, selon le blogueur, ne sera jamais appliquée car jugée "trop coûteuse" par le gouvernement. La plume – For a better world constatant que "nos voisins algériens et marocains" connaissent une augmentation de leur croissance économique finit par s'interroger sur l'opportunité de continuer de "miser sur l'Europe", orientation qu'il considère "un frein énorme au potentiel de développement (…) de la Tunisie".

Hédi Ben Smail

1 commentaire:

Méchant a dit…

Le nombre de morts dans l'accident du bus de Mornag serait de 34. Je garde le conditionnel, la source n'étant bien sûr pas officielle ni autorisée, cependant bien renseignée et habitant Mornag.