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vendredi 29 mai 2009

Non, M. Meddeb, vous n’avez pas le droit !

Plusieurs supporters de l’Espérance de Tunis ont été choqués de voir un encart publicitaire de la taille d’une demi page sur le journal Assabah, dans lequel M. Hamdi Meddeb, assurait le président Ben Ali, en son nom, celui du bureau directeur, des joueurs, des cadres, des supporters et sympatisants de l’Espérance, de son soutien à sa candidature unique (murachahhan awhadan) aux élections présidentielles de 2009.

Cet acte, que M. Meddeb a accompli, le cœur léger est inacceptable au moins pour trois raisons.

  • Primo : M. Meddeb a été chargé de veiller à la bonne marche d’une association sportive et nullement à instrumentaliser celle-ci à des fins politiques.
  • Deuxio : M. Meddeb préside aux destinées d’un club qui, n’en déplaise à ses rivaux, compte des millions de supporters. Il est donc quasiment impossible, en termes de probabilités, qu’ils soient tous du même avis ou qu’ils aient l’intention de voter pour le même candidat.
  • Tertio : en parlant de « candidat unique », M. Meddeb montre qu’il est en décalage de plusieurs années, quinze, exactement, et qu’il n’est pas au courant des trois autres candidatures aux élections présidentielles.
D’une manière plus générale, il est moralement inacceptable de s’arroger le droit de parler au nom de millions de citoyens sans les avoir consultés auparavant. De même, il est dommageable pour un pays qui aspire à la démocratie, de voir d’éminents membres de sa société civile s’accrocher au mythe du candidat unique et promouvoir, ainsi, l’allégeance au lieu de l’élection libre. Enfin, il est désespérant de constater cette schizophrénie chez nos grands entrepreneurs qui, dans l’économie et les affaires, sont dans la modernité, alors qu’en politique, ils font preuve d’un incontestable sous-développement.

lundi 11 mai 2009

Une promenade fort instructive

Les jours fériés sont souvent l’occasion d’une sortie en famille. Le 1er Mai dernier n’a pas dérogé à la règle. Tout en ayant une pensée pour le monde du travail et aux moments difficiles qu’il s’apprête à vivre, nous fixons le programme. Au menu, la foire du livre puis direction vers une ville balnéaire du Cap Bon.

Le souvenir des faits liés à l’affiche – qui a, pendant deux heures, orné le local d’Ettajdid au 7 avenue de la liberté et qui a dérangé, entre autres, le délégué de Bab B’har et le chef de district de la police – étant encore vivace, j’étais particulièrement attentif aux affiches vantant les mérites d’un candidat aux présidentielles accompagnés par «nos» vœux d’éternelle fidélité. Je remarquai, ainsi, devant le Palais des Expositions, abritant la foire du livre, une immense affiche du candidat sortant dans un bain de foule, avec un slogan affirmant qu’il représentait notre choix unique (khiyarouna al-awhad) !! Cette affiche prenant clairement partie pour un candidat à l’exclusion des autres, en dehors de la campagne électorale, n’était toutefois pas signée.

Mais, plus tard, sur l’autoroute nous menant vers la côte sud du Cap Bon, je notai que presque sur tous les ponts sous lesquels nous passions, était accrochée une affiche à la gloire du candidat sortant. Ces dernières étaient, cependant, signées : les premières que nous rencontrions, l’étaient par le Gouvernorat de Ben Arous (sic), puis, par le Comité de Coordination (du RCD) de Ben Arous (resic) ! Au fur et à mesure que nous approchions de la mer, les affiches étaient signées par la municipalité de Grombalia, puis, par celle de Hammamet !

Conclusions : 1) Le Gouverneur, représentant de l’Etat, censé afficher une neutralité parfaite par rapport aux différents candidats, crie haut et fort sa partialité et son engagement en faveur d’un candidat (et contre les autres ?!). 2) A l’exclusion des autres partis, le RCD a le droit d’utiliser l’espace public, y compris les ponts enjambant l’autoroute, pour faire sa propagande et – quand il le veut – sa campagne électorale. 3) Les municipalités RCD – elles le sont toutes ! – ont le droit à une campagne électorale précoce ! 4) M. Zouhair M’dhaffar, qui a estimé que la Tunisie n’était pas une jeune démocratie, n’a pas visité la foire du livre et ne prends pas l’autoroute sud ! 5) La loi n’est pas la même à Bab B’har et à Ben Arous. 6) Le chemin vers le pluralisme et la démocratie est encore très long…

Boubaker Jridi

samedi 4 avril 2009

Cachez-moi cette affiche que je ne saurais voir !

C’était le branle-bas de combat ! Des dizaines de policiers en civil, la police politique, le chef du district, le délégué de Bab B’har… Tous s’agitaient, des téléphones portables à la main, recevant des «instructions», donnant des ordres et des contre-ordres, devant le 7 avenue de la liberté…

Pour quelle raison ? Aurait-on repéré, dans le coin, un dangereux terroriste ? Ou bien aurait-on identifié le repaire d’une terrifiante bande de criminels ? Non ! C’était beaucoup plus grave : il s’agissait d’une… affiche accrochée au balcon du local d'Ettajdid qui reprenait la une du numéro saisi d’Attariq Aljadid.

Vous vous rendez compte ? Une grande affiche où l’on pouvait voir la photo d’Ahmed Brahim, candidat aux présidentielles de 2009, et lire sa volonté d’entrer dans «une compétition d’égal à égal avec le candidat du pouvoir».

L’ordre était carrément menacé ! Il y allait de la sûreté de l’Etat… Heureusement qu’une grue de la municipalité a été rapidement dépêchée sur les lieux pour décrocher cette affiche subversive… d’un candidat aux élections.

Dormez en paix, braves gens ! On veille à votre sécurité. En cette année électorale, vous verrez, partout dans le pays, les milliers de photos, de posters et d’affiches (petites ou géantes)… mais d’un seul et unique candidat ! Ouf !

lundi 30 mars 2009

El Hamra… Zarqa !

En cette matinée de dimanche, la salle El Hamra, mythique salle de cinéma au cœur de la ville, s’est réveillé parée de bleu azur, couleur de la coalition du progrès pour les élections de 2009. Jeunes et moins jeunes, des générations de la gauche tunisienne, se sont retrouvées dans cette salle pour donner les trois coups de lancement de la campagne d’Ahmed Brahim, candidat de l’Initiative nationale pour la démocratie et le progrès (INDP) .

Certes, le peuple de gauche n’était pas présent dans son intégralité : certains sont sceptiques, d’autres plutôt catégoriques dans le refus de la participation. Mais il semblerait qu’il y ait un frémissement, le signal d’une dynamique qui peut être mobilisatrice et créatrice d’espoir.

Plusieurs intervenants se sont succédés à la tribune et, dans la diversité des appartenances, un seul mot d’ordre a semblé dominer tous les discours : unité dans l’action et résolution à mener le combat pour une autre alternative : celle du progrès et de la modernité.

Au sortir de cette réunion, certains de mes camarades m’ont interpellé pour critiquer pêle-mêle, un certain amateurisme, concernant l’orchestration et la mise en scène de l’annonce de la candidature. D’autres, heureusement, avaient formulé des remarques de fond sur le discours du candidat et le programme de l’INDP. Toutes ces remarques et tous ces reproches sont bons à prendre. Car il ne s’agit, à ce stade, que du début de la campagne et, pour avancer, il faut savoir écouter même les critiques les plus virulentes… Du moment, bien sûr, qu’elles sont sincères (ce qui ne fait pas de doute dans le cas d’espèce).

Six mois nous séparent de l’échéance de novembre 2009. Il faudra en profiter pour multiplier les cercles de discussions, non seulement dans la capitale, mais aussi dans les régions. C’est d’un débat le plus large possible et sur un maximum de questions concernant nos concitoyens que jailliront des propositions utiles au pays et qui feront avancer la cause du progrès et de la modernité.

En cette matinée d’un dimanche ensoleillé, une lueur d’espoir, un moment de communion a rempli la salle El Hamra. Gageons que, avec une plus grande mobilisation, la Tunisie du progrès et de la modernité, celle qui rêve de citoyenneté et de liberté, saura se faire entendre et se faire respecter.

Mehdi Ben Jemâa

PS : le proprio de la salle n’a pas trouvé de meilleur moment pour vider les égouts que ce dimanche 23. Je dis bien le proprio et non ceux qui gèrent la salle (les Ezzedine Ganoun, Leila Toubal et Rym Hamrouni) à qui je rends hommage, parce que, de nos jours, offrir son espace pour une manifestation politique, est un acte héroïque…