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dimanche 5 avril 2009

En marge du Meeting d’El Hamra. L’éternelle antienne, l’éternel disque rayé

Eternel fouineur, je suis allé chercher sur les blogs et les sites de différents organes de presse ou de sites politiques, l’écho du meeting de lancement de la campagne d’Ahmed Brahim. Qu’ai-je trouvé? Beaucoup de sites n’ont fait que reprendre la dépêche de l’AFP dans son intégralité. Sinon, sur le site d’Al Jazira et sur quelques blogs, on pouvait lire certaines réactions dont le contenu peut se résumer en une phrase : une charge en règle contre le candidat Ahmed Brahim et la "Moubadara" elle-même.

Résidu de communistes, coalition d’athées en guerre contre les croyances du peuple tunisien, ramassis de gauchistes à la solde d’un pouvoir exterminateur d’islam et d’islamistes. Un internaute commentant la photo du candidat portant un couvre chef le traita même de cow-boy. Un autre raillait la bande de cocos qui allait infliger un 10/0 au pouvoir, argumentant le tout avec un remarquable langage footballistique. Un dernier, pour ne pas trop m’étaler sur des réactions faites d’ imbécillités, de raccourcis et d’injures, trouvait dans le manifeste de la Moubadara, le discours du candidat et l’orchestration du meeting, l’exemple même de l’amateurisme, rien que ça !! Des remarques de fond ? que nenni ! Des suggestions ? Absolument aucune ! Des critiques constructives ? Jamais de la vie ! Faites un tour sur la toile et sur le mur de certains "facebookers", pour en avoir le cœur net.

Si j’avais à répondre à une seule «attaque», la plus redondante et la plus injurieuse, qui est celle de dire «Attention ! Les cocos, les staliniens sont de retour !», je dirais que le Parti Communiste Tunisien a été au cœur de toutes les luttes nationales, que ce soit pour la libération nationale ou bien sur le front syndical et social. Demandez donc à la population du gouvernorat de Gafsa pourquoi ils ont voté en masse pour le PCT en 1981 avant qu’on ne «tripatouille» les urnes. Demandez-leur aussi pourquoi ils ont trouvé dans le mouvement Ettajdid un des plus solides soutiens lors des événements du bassin minier.

Sans doute, ce parti s’est-il trompé sur certaines orientations ou sur certains de ses concepts fondateurs. Toutefois, ceux qui y ont milité n’ont point à rougir de son bilan global. Aujourd’hui, Le Mouvement Ettajdid, après avoir fait une première mue en 1993, une rectification de tir en 2001 et une grande ouverture sur les indépendants démocrates et progressistes en 2007, est devenu, avec ses alliés et ses sympathisants, un des piliers de la mouvance démocratique en Tunisie. Qu’il y ait au sein de cette plateforme des militants communistes qui n’ont jamais renié leurs convictions, aux côtés de militants venant d'autres horizons, ne peut être que source de richesses et de fierté, n’en déplaise aux anti-communistes primaires !

Mehdi Ben Jemâa

samedi 4 avril 2009

Cachez-moi cette affiche que je ne saurais voir !

C’était le branle-bas de combat ! Des dizaines de policiers en civil, la police politique, le chef du district, le délégué de Bab B’har… Tous s’agitaient, des téléphones portables à la main, recevant des «instructions», donnant des ordres et des contre-ordres, devant le 7 avenue de la liberté…

Pour quelle raison ? Aurait-on repéré, dans le coin, un dangereux terroriste ? Ou bien aurait-on identifié le repaire d’une terrifiante bande de criminels ? Non ! C’était beaucoup plus grave : il s’agissait d’une… affiche accrochée au balcon du local d'Ettajdid qui reprenait la une du numéro saisi d’Attariq Aljadid.

Vous vous rendez compte ? Une grande affiche où l’on pouvait voir la photo d’Ahmed Brahim, candidat aux présidentielles de 2009, et lire sa volonté d’entrer dans «une compétition d’égal à égal avec le candidat du pouvoir».

L’ordre était carrément menacé ! Il y allait de la sûreté de l’Etat… Heureusement qu’une grue de la municipalité a été rapidement dépêchée sur les lieux pour décrocher cette affiche subversive… d’un candidat aux élections.

Dormez en paix, braves gens ! On veille à votre sécurité. En cette année électorale, vous verrez, partout dans le pays, les milliers de photos, de posters et d’affiches (petites ou géantes)… mais d’un seul et unique candidat ! Ouf !

vendredi 3 avril 2009

Saisie d’Attariq Al Jadid : qui est responsable ?

Le Mouvement Ettajdid et l’hebdomadaire Attariq Al Jadid ont tenu, mercredi 1er avril, une conférence de presse pour dénoncer la «saisie déguisée» du dernier numéro du journal.

Deux faits méritent d’être soulignés.

Le premier concerne la présence des media à la conférence de presse : on ne va pas citer tous les journaux et agences de presse, tunisiens et étrangers, présents, car ils étaient nombreux. Pour faire comme chez Laurent Ruquier, on parlera plutôt de ceux qui ne sont pas venus. Devinez donc quels sont les media qui ont estimé que cela ne valait pas la peine de déranger un de leurs journalistes pour une conférence de presse tenue par un parti dont le premier responsable est candidat à la présidence de la république et dont le journal vient d’être, une nouvelle fois, saisi ? Bravo ! Vous avez deviné juste, ce qui montre que vous avez tout compris de la situation dans notre pays. Donc ni journaux du RCD, bien entendu (?), ni journaux «gouvernementaux»…, mais ni, non plus, d’agence Tap et de télévision – ces dernières étant pourtant censées être «nationales» !!!

Le second point concerne un aspect qui a perturbé les journalistes présents, qui ont posé des questions illustrant leur trouble à ce sujet. Il s’agit de la question de savoir s’il y a eu «saisie» du journal, «saisie déguisée» ou «allégation de saisie» !? Eh bien, les journalistes ont tout à fait raison d’être troublés et, pour être francs, nous le sommes aussi au sein d’Ettajdid et de la rédaction d’Attariq.
  • Comment, en effet, ne pas l’être lorsque des «sources autorisées» (ah ! celles-là, on aimerait bien savoir qui elles sont, de quoi elles sont la source et qui les a autorisées ??!!) publient lundi un communiqué (oui, des sources publient, chez nous, des communiqués !) dans lequel elles «nient les allégations du Mouvement Ettajdid» et affirment que «le journal est en vente normale dans les kiosques, alors que nous avons soigneusement vérifié, vendredi soir, samedi dimanche, lundi (et même mardi à midi, nous y reviendrons) qu’aucun marchand de journaux n’avait reçu le numéro, ni à Tunis ni à l’intérieur du pays ?!
  • Comment ne pas l’être lorsque, lundi et mardi, des responsables au niveau de ministères nous confiaient, de bonne foi, nous n’en doutons pas, qu’ils n’étaient nullement au courant des faits ?!
  • Comment ne pas l’être lorsque, durant plusieurs jours, il nous a été impossible de contacter le moindre responsable dans la société de distribution, qui était censée, en temps normal, faire parvenir le journal entre vendredi soir et samedi matin ?!
  • Comment ne pas l’être lorsque, mardi soir, à la veille de notre conférence de presse, le journal se retrouve chez les marchands de journaux, subitement et comme par miracle ?!
C’est à n’y rien comprendre… à moins que cela ne soit clair comme de l’eau de roche !

Plus sérieusement, il n’y a que deux possibilités : ou bien les autorités officielles ont bien donné des instructions pour empêcher la distribution du numéro, ou bien c’est «une autre autorité» qui l’a fait. Si c’est le premier cas, les autorités officielles nous doivent-à nous, à nos lecteurs et à l’opinion publique- des explications circonstanciées sur ce qui s’est réellement passé ; ou bien c’est quelqu’un d’autre qui a pris la décision et a pu l’exécuter : dans ce cas, c’est encore plus grave cela signifierait qu’il y a, dans notre pays, comme l’a dit le premier Secrétaire d’Ettajdid, des «forces occultes», capables de prendre des initiatives aussi graves : il devient alors impératif et urgent d’ouvrir une enquête sérieuse afin d’identifier ces éventuelles « orces occultes» et de mettre fin à de telles activités, dangereuses et nuisibles.

Hichem Skik